Le renforcement du dollar s’accentue alors que la divergence des politiques réapparaît | Récapitulatif hebdomadaire : 27 avril - 01 mai 2026
Les marchés mondiaux se sont stabilisés la semaine dernière alors que la divergence des politiques est revenue au premier plan. La résilience des États-Unis a continué de soutenir l’appétit pour le risque, tandis que l’Europe et l’Asie ont sous-performé, renforçant un environnement de marché plus sélectif.
Vue d’ensemble économique
La semaine a été marquée par un regain d’attention sur la divergence des politiques, les marchés réévaluant la vigueur relative de la croissance mondiale et ses implications pour la position des banques centrales. Alors que la volatilité liée à l’énergie avait dominé le début du mois d’avril, l’attention s’est recentrée sur la résilience macroéconomique sous-jacente, en particulier aux États-Unis.
Aux États-Unis, les indicateurs d’activité sont restés stables, maintenant les anticipations de taux globalement ancrées. L’inflation continue de se modérer à la marge, mais pas suffisamment pour modifier sensiblement la position de la Fed, renforçant les attentes d’une politique prudente et dépendante des données.
Dans la zone euro, la situation est restée mitigée. Si les premiers indices PMI flash indiquaient une contraction, le sentiment s’est stabilisé en fin de semaine, avec une activité oscillant autour du seuil des 50, signalant une dynamique limitée mais en amélioration.
Au Royaume-Uni, les données ont été plus encourageantes. L’indice PMI composite flash est monté à 52,0, indiquant un retour plus net à la croissance, soutenu par l’activité des services malgré la faiblesse persistante du secteur manufacturier.
En Asie, le contexte de croissance de la Chine est resté stable au niveau global, bien que les indicateurs de la demande intérieure aient continué à montrer des signes d’irrégularité. Le Japon, de son côté, a bénéficié d’un environnement extérieur favorable, la BoJ maintenant son approche graduelle de la normalisation de sa politique monétaire.
Pris dans leur ensemble, les conditions macroéconomiques continuent de refléter une divergence persistante, la résilience américaine servant de principal ancrage au sentiment de risque mondial.
Vue d’ensemble des marchés
Actions
Les marchés actions ont fait preuve de résilience, même si la performance est restée sélective plutôt que généralisée.
Aux États-Unis, le S&P 500 a progressé de 0,78 %, clôturant à 7 230,12, poursuivant sa progression vers des sommets historiques. Le Nasdaq a conservé son leadership, soutenu par la vigueur persistante des grandes valeurs technologiques.
Les marchés européens se sont redressés en fin de semaine. Le STOXX Europe 600 a gagné 0,16 %, terminant à 611,55, ce qui suggère que, malgré la persistance des inquiétudes sur la croissance, les marchés n’anticipent pas de ralentissement marqué.
En Asie, la performance a été contrastée. Le Nikkei 225 japonais a reculé de 1,69 %, consolidant après avoir atteint un record historique en séance plus tôt dans la semaine. Le Hang Seng de Hong Kong a baissé de 0,78 %, reflétant une prudence persistante quant à la demande intérieure.
Obligations
Les marchés obligataires ont reflété un contexte politique stable.
Les rendements des bons du Trésor américain sont restés dans leurs fourchettes récentes, avec le 10 ans proche de 3,70 % et le 2 ans restant élevé, renforçant les anticipations d’une politique monétaire restrictive durable. Les rendements européens ont suivi une tendance similaire, indiquant l’absence de changement significatif dans les attentes de taux.
Matières premières
Les prix du pétrole sont restés fermes, suggérant que la prime de risque géopolitique ne s’est pas totalement dissipée.
L’or est resté globalement stable, soutenu par des rendements réels stables et une incertitude macroéconomique persistante.
Dans l’ensemble, la performance des différentes classes d’actifs suggère une stabilisation des marchés, mais la conviction reste sélective plutôt que généralisée.
Performance sectorielle
La performance sectorielle a reflété le contexte actuel de taux élevés pour plus longtemps, ainsi qu’une sensibilité persistante à l’énergie.
L’énergie a mené les gains, en hausse de 3,57 %, soutenue par des prix du brut fermes et des risques persistants du côté de l’offre. Les financières ont suivi avec une progression de 1,13 %, profitant de rendements élevés, tandis que la technologie a avancé de 1,05 %, continuant de soutenir les indices américains plus larges.
Les biens de consommation de base ont progressé de 1,08 %, indiquant une demande défensive sélective, tandis que l’industrie a augmenté de 0,32 %, montrant une participation plus modérée. La consommation discrétionnaire a reculé de 0,05 %, soulignant une sensibilité persistante aux conditions de la demande.
Dans l’ensemble, la performance sectorielle suggère que les investisseurs restent positionnés de manière sélective, équilibrant leur exposition entre segments de croissance et défensifs plutôt que d’opérer une rotation cyclique complète.
Marchés régionaux
La performance régionale a renforcé le thème du leadership américain, même si d’autres marchés ont montré des signes de stabilisation.
L’Amérique du Nord a progressé de 0,78 %, soutenue par le S&P 500 atteignant des sommets historiques. L’Europe a avancé de 0,16 %, se redressant en fin de semaine, ce qui suggère une stabilisation du sentiment malgré la persistance des inquiétudes sur la croissance. Le Royaume-Uni a enregistré une légère hausse de 0,11 %, soutenu par des données PMI plus solides.
En Asie, le Japon a reculé de 1,69 %, reflétant une consolidation, tandis que la Chine (Hang Seng) a baissé de 0,78 %, restant la région la plus faible en raison de préoccupations persistantes sur la demande intérieure.
Cette divergence met en évidence que, si les marchés mondiaux ne sont plus uniformément sous pression, les capitaux continuent de privilégier les actifs américains, les autres régions restant à la traîne.
Marchés des devises
Les marchés des changes ont reflété une expression plus nette de la divergence des politiques monétaires.
- EUR/USD : 1,1633 → 1,1731 : S’est renforcé alors que le dollar s’est légèrement replié.
- GBP/USD : 1,3533 → 1,3576 : A progressé, reflétant une stabilité relative.
- USD/JPY : 159,43 → 157,06 : A reculé alors que le yen s’est apprécié sur fond de rendements plus faibles.
- GBP/JPY : 215,78 → 213,21 : En baisse, la vigueur du yen l’emportant sur les gains de la livre.
Dans l’ensemble, les marchés des changes continuent de refléter la résilience relative des États-Unis ainsi qu’une divergence persistante des politiques monétaires.
Perspectives et semaine à venir
L’attention se porte désormais sur la question de savoir si cette divergence peut se maintenir sans raviver les craintes d’inflation.
Les principales publications cette semaine incluent l’ISM Services PMI américain et les emplois non agricoles (8 mai), qui seront déterminants pour confirmer si la croissance américaine reste le principal pilier des marchés mondiaux ou commence à ralentir.
La communication des banques centrales restera également essentielle pour façonner les attentes concernant le calendrier et le rythme de tout ajustement de politique monétaire.
La question clé pour les marchés est de savoir si cette divergence peut perdurer, ou si la croissance mondiale commencera à converger dans les semaines à venir.