Les marchés se préparent à la décision de la Fed sur les taux alors que l'inflation britannique alimente les inquiétudes
Les marchés abordent l’une des sessions de banque centrale les plus scrutées du mois, la Réserve fédérale devant annoncer sa décision de politique monétaire plus tard ce mercredi, tandis que les nouvelles données d’inflation au Royaume-Uni alimentent les inquiétudes quant à la persistance des pressions sur les prix.
Le fil conducteur est l’énergie : le pétrole reste au-dessus de 100 dollars le baril, maintenant les risques inflationnistes à un niveau élevé des deux côtés de l’Atlantique et poussant les investisseurs à réévaluer le degré de restriction que la politique monétaire pourrait devoir atteindre.
Les taux reviennent au premier plan
La Fed aborde cette réunion avec sa fourchette cible fixée à 3,50 % – 3,75 %, inchangée lors de la réunion de juillet. Les marchés anticipent désormais une probabilité supérieure à 90 % d’une hausse de 25 points de base, selon CME FedWatch, contre environ 61 % il y a une semaine et 33 % il y a un mois. Une hausse d’un quart de point porterait la fourchette cible à 3,75 % – 4,00 %.
Les marchés anticipent une forte probabilité de hausse des taux de la Fed en septembre

Source : CME FedWatch. Données au 16 septembre 2026.
Les marchés anticipent une probabilité supérieure à 90 % d’une hausse des taux de la Réserve fédérale de 25 points de base en septembre, contre environ 61 % une semaine auparavant et 33 % un mois auparavant.
Ce changement illustre la rapidité avec laquelle les anticipations concernant la politique de septembre ont évolué, les investisseurs réagissant au regain de pressions inflationnistes. Cette révision des anticipations fait suite à des données d’inflation qui ont maintenu l’objectif de 2 % de la Fed au cœur des préoccupations. L’IPC américain a progressé de 3,4 % en glissement annuel en août, tandis que l’IPC sous-jacent a augmenté de 2,4 %.
L’indicateur PCE privilégié par la Fed a été plus élevé en juillet, avec une inflation PCE globale à 3,7 % et un PCE sous-jacent à 3,3 %. La hausse des prix du pétrole demeure une complication majeure, augmentant le risque que les pressions inflationnistes s’avèrent plus persistantes.
Les orientations de la Fed pourraient peser plus lourd que la décision elle-même
Ces préoccupations inflationnistes se sont également reflétées sur les marchés obligataires et des changes. Le rendement de référence des bons du Trésor américain à 10 ans a dépassé 5 % mardi, atteignant son niveau le plus élevé depuis 2007, tandis que le dollar américain s’est renforcé au gré de la hausse des anticipations de taux d’intérêt.
Une hausse d’un quart de point étant déjà largement intégrée dans les prix, l’attention devrait se concentrer sur les signaux que le président de la Fed, Kevin Warsh, enverra concernant la trajectoire des taux au-delà de septembre. La Fed publiera également ses projections économiques actualisées, offrant aux investisseurs une indication plus claire de la façon dont les responsables politiques envisagent l’évolution de la croissance, de l’inflation et des taux d’intérêt.
L’inflation britannique alimente le débat à la Banque d’Angleterre
L’inflation au Royaume-Uni ajoute une nouvelle dimension au tableau mondial des taux. L’inflation des prix à la consommation a augmenté à 3,1 % en août, contre 2,9 % en juillet, atteignant un pic sur cinq mois alors que la hausse des coûts énergétiques a tiré le taux global vers le haut. Ce chiffre est également supérieur à la prévision antérieure de la Banque d’Angleterre de 2,8 %.
Les mesures sous-jacentes sont toutefois restées plus stables. L’inflation sous-jacente s’est maintenue à 2,6 % pour le quatrième mois consécutif, tandis que l’inflation dans les services s’est stabilisée à 3,4 %. Cette distinction est importante car la Banque d’Angleterre surveille attentivement les pressions sous-jacentes sur les prix lorsqu’elle évalue si l’inflation devient plus persistante.
Ces chiffres arrivent la veille de la décision de politique monétaire de la Banque d’Angleterre. Les investisseurs voient environ une chance sur trois d’une hausse de 25 points de base jeudi, tandis que deux hausses sont intégrées dans les prix d’ici la fin de 2026, les marchés évaluant le risque que la hausse des coûts énergétiques se diffuse plus largement dans les prix.
Les prochains points de vigilance des marchés
La livre sterling n’a montré qu’une réaction limitée aux chiffres d’inflation britanniques, tandis que l’or s’échangeait autour de 4 328 dollars l’once avant la décision de la Fed. L’or est souvent considéré comme une couverture contre l’inflation, mais des taux d’intérêt et des rendements obligataires plus élevés peuvent augmenter le coût d’opportunité de la détention de ce métal sans rendement.
L’attention immédiate se porte désormais sur la décision de la Fed, ses projections actualisées et les commentaires de Warsh, suivis de la Banque d’Angleterre jeudi. Au-delà des seules décisions annoncées, les marchés chercheront à déterminer si les responsables politiques considèrent la dernière poussée inflationniste comme un choc principalement lié à l’énergie ou comme un risque susceptible d’exiger une trajectoire de taux d’intérêt plus restrictive dans les mois à venir.